PCI, une mesure de rendement dépassée pour la condensation

8 avril 2011

Le rendement PCI est-il une valeur utile ?

Pour les calculs de rendement des chaudières gaz classiques, on partait du principe qu’une partie de l’énergie thermique dégagée par la combustion serait perdue dans les fumées. On parle de pouvoir calorifique inférieur, ou PCI. Du coup, une chaudière qui aurait un PCI de 100% ne transmettrait tout de même pas tout la chaleur dégagée à l’eau du circuit de chauffage central. C’est un mode de calcul fort discutable du point de vue de l’exactitude scientifique, mais cela permettait de comparer les anciens modèles, à technologie égale. Dans le cas de la chaudière à condensation, la référence à ce rendement PCI n’est plus pertinente, puisque par récupération d’une partie de la chaleur des fumées on parviendrait à un rendement supérieur à 100%. C’est très bien pour faire de la communication autour du gaz naturel, mais c’est physiquement faux, en particulier si on utilise cette valeur dans le cadre d’une comparaison avec des systèmes de chauffage électriques, qui sont eux correctement évalués.
Il est possible, pour les chaudières gaz à condensation, d’obtenir une valeur pour le rendement PCS, ou pouvoir calorifique supérieur. Celui-ci prend en compte la chaleur latente de condensation de la vapeur d’eau émise par la combustion. C’est donc une valeur plus proche d’un rendement énergétique correct, mais il ne tient a priori toujours pas compte de la chaleur qui s’échappe avec le CO2.

Pertinence du rendement d’une chaudière gaz à condensation

Bien mais par rapport à une chaudière basse température, peut-on se fier, quelque soit le cadre de la mesure du rendement, à la différence des pourcentages indiqués pour évaluer les économies réalisables ? La réponse est non, et là encore, on trouve tout et surtout n’importe quoi sur les sites internet et les brochures traitant du sujet. Dans tous les cas, les rendements mesurés et communiqués pour vendre des chaudières sont des valeurs maximales, que l’on obtient que dans des conditions idéales de fonctionnement. Donc dans le cas des chaudières à condensation, c’est pour une température de retour qui permet la condensation, or il est rare que la condensation soit possible pendant tout l’hiver. Pendant les périodes les plus froides, le rendement de la chaudière à condensation sera donc largement inférieur à la valeur indiquée. Cette restriction ne s’applique pas aux chaudières basse température, dont le rendement effectif restera plus proche de celui qui est communiqué.
Là où cela se complique, c’est que du coup, les conditions de mesure de rendement sur une chaudière à condensation peuvent introduire un véritable biais. Un modèle de chaudière à condensation peut fort bien avoir un rendement inférieur à celui d’une bonne basse température quand elle ne condense pas, mais la mesure en condensation semblera indiquer qu’elle est plus performante.

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